Le résumé du livre de Père Varone François intitulé Ce Dieu absent qui fait problème, Religion, athéisme et foi : trois regard sur le mystère.
Un livre de 230 pages, édité aux éditions du CERF, paris, en 1981. Présenté par ALI Nnaemeka Cornelius.
Il est aussi impossible de prouver l’existence de Dieu que de prouver sa non-existence. Cette impossibilité de prouver l’existence et le non-existence de Dieu est du au fait que ces deux alternatives dépassent la compréhension de l’homme. On peut penser, en contemplant l’origine du monde, à un Dieu qui est un Dieu qui est le premier de tout ce qui existe, ou en observant l’organisation du monde où chaque cause est causée par une autre, on ne peut que penser à une cause qui n’est pas causée- Dieu.
Mais aussi quand on observe la guerre, la violence, la catastrophe naturelle, les détresses incessantes qui malmènent et ravagent la terre, on commence à douter l’existence d’un être suprême qui planifie et qui est à la source de toute cause, moins encore d’un Dieu merveilleux. Devant ce phénomène angoissant on n’hésitera pas à croire à une absence d’un être dit suprême.
Ce critique athée qui propage le doute et le soupçon dans le cœur de l’homme fait voir l’existence de Dieu comme une projection de l’homme menacé par la fragilité de son existence dans un univers, comme une organisation faite pour pouvoir dominer les autres en les mettant en subjection à l’égard de la hiérarchie ecclésiastique.
La religion à son tour est une organisation de l’homme qui cherche à aliéner l’homme. Mais hélas ! Dieu n’a jamais été retrouvé par une démarche extérieure, par une argumentation et conclusion mais par expérience et de la vérification de cette expérience. C’est en faisant expérience intérieure de Dieu qu’on peut le rencontrer. Cette rencontre de l’amour, objet de la révélation chrétienne ou Dieu de la foi doit être distinguée de la religion qui est une projection de l’homme, ce Dieu de la foi est insaisissable au désir et au besoin de l’homme. C’est un Dieu absent et c’est son absence qui prouve son existence.
Ce soupçon et doute qui envahissant l’homme à l’appel du nom de Dieu sont nés au moment où il y eu la rupture entre la religion et la foi. La religion est une relation spontanée avec Dieu que produisent l’homme et la société en projetant sur Dieu ce qui se passe entre les hommes ; et la foi est une expérience de Dieu radicalement transformée par sa révélation accueillie par l’homme dans une conversion totale.[1]
La religion crée un Dieu tout-puissant prêt à menacer ou à punir l’homme pécheur ; en d’autres termes, à l’anéantir s’il ne le reconnaît pas comme un être suprême, alors que la foi fait lumière sur un Dieu qui cherche à valoriser l’homme en lui prodiguant son amour.
Saul, un religieux prêt à faire soumettre tout homme au Dieu de la religion et prêt à montrer la petitesse de l’homme devant Dieu en projetant un Dieu qui dévore les pécheurs mais une fois fait l’expérience de Dieu de la foi, il change son regard envers cet être absent. Il constate une absence qui signifie la présence éternelle.
Cette polémique – l’existence ou la non-existence de Dieu – n’était causée que par la religion qui projette un Dieu absolu, incompréhensible, qui a le contrôle de tout ce qu’il y a et qui montre l’image de l’homme incapable d’agir sur l’univers, non libre et trop dépendant de la providence divine car au moment où l’homme s’est retrouvé, s’est rendu compte de sa capacité, il a commencé à questionner de cet être absolu. Et le résultat de cette révolte donne naissance à l’athéisme existentialiste qui est l’athéisme propager promeut par le sens de liberté, c’est-à-dire, un certain sens de l’existence libre et désaliéné.[2]
De toute façon il y a un autre comportement face à la religion qu’est l’athéisme existentialiste. Le religieux de la peur qui croit parce qu’il a peur et doit avoir quelque chose qui le reproche de Dieu. Le religieux politique qui a besoin de la religion pour pouvoir mettre le pauvre sous sa soumission. Le religieux d’utile qui pratique la religion parce qu’elle lui apporte de quoi vivre, le nécessaire. L’athée pratique, une expérience négative venant de la religion, l’abandonne et traite tout ce qui a à faire avec la religion comme inutile. Le mal croyant est entre l’athéisme et la religion mais toujours habité par le doute, le soupçon et la méfiance. Et le croyant, le seul comportement qui au jour le jour se cultive, fait l’expérience d’une rencontre personnelle avec ce Dieu absent. D’autres approches vis à vis de la religion se vivent entre trois étapes de la vie.
· L’enfance : il y a une spontanéité religieuse qui se vit par un prolongement de l’affection parentale envers Dieu. Une attitude qui fait que l’enfant voit en Dieu les qualités qu’il trouve chez ses parents.
· La jeunesse : avec cette étape commence un certain critique de la valeur de tout ce qui se passe. Le sens de la liberté, la découverte de soi donne voie à un laisser-faire.
· L’adulte : ce dernier vit des désassociassions morales, des déceptions etc. et son regard vis-à-vis de la religion devient un jeu de calcul.
Quand il y a des problèmes comme maladies, catastrophes naturelles, le religieux est scandalisé par le silence de Dieu, l’athée a un dégoût par rapport à l’existence quelconque d’un être dit suprême ; mais chez le croyant c’est une éprouve de la vie. Le religieux voit Dieu dans l’événement. Il voit sa bénédiction quand l’événement tourne bien mais quand il tourne au vinaigre, il voit plutôt la malédiction, la punition et le mécontentement de Dieu. En bref, le Dieu du religieux est un Dieu interventionniste. Pour l’athée et le croyant l’événement se déroule en soi sans aucune intervention spirituelle. Tout suit une loi précise ; sauf que contrairement au croyant qui croit que Dieu a créé le monde et ses contenus mais seulement qu’il les a laissé au contrôle de l’homme et des lois naturelles, l’athée croit que tout est l’œuvre du hasard.
Or en réalité Dieu n’intervient jamais dans les événements de l’homme, il n’empêche jamais ni le méchant ni le juste de faire ce qu’il veut ou pense. Il laisse agir l’homme selon sa conscience en lui donnant tout le nécessaire qui lui faut pour bien agir. Tous sont libres de se laisser récompenser, de se laisser reconnaître par Dieu. Nul n’est prédestiné à s’égarer, à se détourner de Dieu car l’amour de Dieu est le lot de tous ceux qui le veulent. En bref l’homme est libre, son avenir est entre ses mains.
Mais alors pourquoi le mal physique et qui est son auteur ? Pour le religieux Dieu est tout puissant et omniscient et donc il est à l’origine de tout ce qui se passe, y compris le mal. Il punit le pécheur selon leurs péchés. Il est dans les catastrophes naturelles, dans l’accident, dans la mort etc. Cette affirmation pousse les athées à dire avec Karl MAX que la religion est l’opium du peuple. Elle maintient les gens dans leurs difficultés, dans leurs soumissions et leur écrasement et toujours consacrant cette situation à Dieu. Alors que pour le croyant le mal physique n’est pas l’œuvre de Dieu mais des phénomènes naturels qui se produisent selon les lois naturelles.
Le cas des dix huit personnes abattues par la chute de la tour de Siloé ou les pèlerins massacrés par les soldats de Pilate en Luc 13,1-3 montre un dialogue entre la religion et la foi. Pour les juifs – la religion- ce sont des grands pécheurs ; alors que pour Jésus – la foi- ces événements n’avaient rien à voir avec leurs péchés mais plutôt des événements naturels qui ne venaient ni de Dieu ni de son autorisation. Dieu n’est pas dans l’événement comme croit le religieux. Il est présent dans l’absence.
Cette conception religieuse d’un Dieu veilleur influence le regard que porte l’homme religieux sur la prière. Le religieux de la peur pense que la prière est un devoir qu’il faut à tout prix remplir et il prie pour que Dieu ne se fâche pas contre lui. La prière pour lui est une nécessité parce qu’elle est faite pour apaiser le cœur de Dieu. Le religieux d’utile ne prie pas pour plaire à Dieu mais pour obtenir sa faveur. L’intervention de Dieu dans sa vie, dans son business, dans sa famille… n’est possible que par la prière.
Toutefois l’athéisme existentialiste voit en religion de la peur un moyen par lequel l’homme s’aliène et s’anéantit. L’athéisme pratique voit en la religion d’utile un moyen par lequel l’homme se rend ignorant de ses capacités et de ses forces réelles.
Le croyant ne prie pas pour faire agir Dieu ou pour quémander la faveur de Dieu mais parce que Dieu agir. Ce n’est non plus le remboursement des biens faits de la grâce reçus mais plutôt une conversation entre les amis. Cette prière du croyant a trois fonctions à savoir :
1- À travers la prière on accueille le don de Dieu. Dieu a créé l’homme et l’a laissé libre et l’homme à son tour accueille ce geste de Dieu.
2- La prière fait exister l’homme : l’homme en entrant en pleine communication avec Dieu- la prière –réfléchir sur son existence et pense comment avancer vers une vie meilleure.
3- La prière fait exister Dieu : quand l’homme se rend compte de ce qu’il est et de toutes ses capacités d’homme il rend grâce à Dieu en signe de la reconnaissance.
La prière pour le croyant se fait quand le désir de l’homme se rencontre avec le désir de Dieu. Le désir de l’homme – il faut noter – est le désir infini d’exister dans l’amour, et celui de Dieu est de communiquer infiniment l’existence dans l’amour.
Quand le religieux prie comme le païen de l’évangile de St Matthieu 6,7-8, qui ne prie que pour demander la faveur de Dieu, le croyant prie par son désir d’exister et de faire évoluer l’univers. Il cherche les moyens pour pouvoir satisfaire ses besoins et pas attendre les bras croisés l’intervention miraculeuse de Dieu car Jésus insiste dans l’évangile de St Matthieu7,11 que Dieu comble tous les hommes, les bons comme les mauvais, les croyants comme les athées, les religieux comme les mal croyants.
Le monde et ce qu’il contient sont à la disposition de l’homme. Il suffit que l’homme fasse l’effort car Dieu l’a créé avec toutes les capacités possibles : l’intelligence, la science,…
Dieu se veut absent pour laisser l’homme exister librement, pour le laisser s’épanouir, pour lui donner l’occasion de prendre des initiatives personnelles sur son existence. Cette absence ne doit pas être vue comme une existence mais plus une existence qui fait exister l’autre – l’homme.
[1]. Cf. P. VARONE François, Ce Dieu absent qui fait problème, Ed. Cerf, paris, 1981, p.19.
[2]. Ibidem. P.51.
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